Marion Billaud produit de l’agneau de qualité sous le Label Rouge Agnocéan toute l’année. Ses Vendéennes et ses Romanes sont élevées dans un écrin naturel, à Saint-Amand-sur-Sèvre en Deux-Sèvres. Rencontre.

Ce mardi 4 mars, il est neuf heures passées, Marion s’affaire à nourrir ses brebis et ses agneaux qui bêlent de faim. Elle retire le foin de la veille pour libérer les auges et distribuer la ration de granulés. Quelques minutes suffisent pour changer l’ambiance de la bergerie où le chant discret des oiseaux se révèle petit à petit. Les rayons du soleil traversent les lattes en bois du bâtiment et illuminent l’espace. Raïka, la chienne de protection des brebis fait sa pause. Toute la nuit, c’est elle qui a veillé sur le cheptel. Allongée dans l’allée centrale de la bergerie qui porte son nom, cette Montagne des Pyrénées, toute blanche, en impose par sa charpente, à la fois forte et gracieuse. Elle observe d’un regard doux la danse de Marion qui enjambe les enclos pour donner le biberon aux agneaux isolés. Dans la nuit, deux paires de triplés ont vu le jour. « Leur mère n’a que deux mamelles, il est nécessaire d’apporter un complément au biberon, explique l’éleveuse. Je repère les agneaux couchés, vérifie si leur estomac est plein, j’en réveille certains… S’ils partent en courant, c’est que tout va bien ! ».
Marion met un peu plus d’une heure pour nourrir ses animaux le matin. Elle repassera en fin de journée pour la seconde ration et pour une dernière vérification avant la nuit. « Ce rythme me permet d’accompagner mes deux enfants à l’école, d’aller les chercher l’après-midi et d’avoir une vie de famille », se réjouit-elle. Marion a fait le choix de changer de métier pour concilier au mieux sa vie professionnelle et sa vie personnelle. « J’ai conduit des poids lourds durant sept ans », raconte Marion. Diplômée d’un Bac Pro CGEA option sport équestre, elle ne trouve pas sa place dans le milieu équin et part travailler à l’usine puis devient chauffeur. Sa fibre agricole, une opportunité et une rencontre la conduiront vers la production ovine viande. « Pour préparer ma reconversion, j’ai été salariée dans un élevage bovin. L’opportunité du départ à la retraite d’un éleveur voisin s’est alors présentée. Je l’ai saisie. » Marion interroge ses pairs, consulte les banques, se rapproche des coopératives dont Cavac qui l’accompagne et lui délivre un précieux conseil.
Le portage foncier
« Le portage foncier enlève une grosse épine du pied à un jeune qui veut s’installer, estime la cheffe d’exploitation. La Safer a acheté mes 35 ha et je lui verse un loyer annuel qui me permettra à terme d’acquérir mes terres. Le Crédit Agricole a pu ainsi financer le reste de mon installation. » Elle transforme son bâtiment en bergerie, aménage ses prairies (17 ha), cultive le blé, l’orge, le triticale, conserve la paille et le foin pour son élevage. « Au début, j’étais anxieuse car autodidacte, reconnaît-elle. Aujourd’hui, je suis fière de mon parcours. Mon travail porte ses fruits, grâce notamment aux conseils des éleveurs voisins, toujours prêts à rendre service, à l’accompagnement de Cavac et de ma technicienne Ovicap, Émilie Drouet. »
L’agneau Label Rouge Ovicap médaillé à Paris
Marion a fait le choix de l’élevage ovin pour le gabarit de l’animal et son tempérament. « Même si certaines brebis sont plus lourdes que moi, c’est plus simple que des bovins, sourit-elle. Et c’est un animal plus proche de l’Homme selon moi. » Les brebis Romanes (sans dessaisonnement hormonale) permettent de répondre à la demande des consommateurs pour les fêtes de Noël. Les Vendéennes (reproduction naturelle) apportent l’agneau de Pâques. « Ce sont les deux principales demandes annuelles, explique Steven Bretaud, responsable d’Ovicap. Notre groupement peut ainsi lisser les sorties d’agneaux label Rouge de Marion. » À Pâques, vous pourrez donc déguster l’agneau vendéen. Préférez le Label Rouge préparé avec soin par les producteurs Ovicap dont Marion ! Il a d’ailleurs obtenu la médaille d’argent au Concours Général Agricole du SIA 2025 à Paris. « On se démène pour faire des agneaux de qualité. Le fait d’être récompensé, c’est une fierté ».
Le saviez-vous ?
70 % des agneaux des producteurs ovin viande Ovicap sont vendus en Label Rouge. Le potentiel de développement de cette filière est important avec cinq à six installations par an en Vendée, Deux-Sèvres et limitrophes. Des opportunités existent, notamment à la suite de départs en retraite. Ovicap et Cavac vous accompagnent techniquement et financièrement dans votre projet d’installation.
Contact : Steven Bretaud
06 22 35 61 16 – s.bretaud@ovicap.fr